
Pour la toute première fois, la remise du Prix reconnaissance Pascale Clément 2025 a eu lieu dans le cadre de la cérémonie d’accueil du SOIT. Le gagnant de la bourse de 1 500 $ a été M. Jonathan Rojas, originaire du Nicaragua, technicien soudeur pour une grande entreprise dans le village québécois de La Guadeloupe. (Photo: LIC)
UNE VICTOIRE ÉMOUVANTE CONTRE
L’HIVER QUÉBÉCOIS ET L’ISOLEMENT
Les immigrants qui osent se confier publiquement sur leurs luttes, parfois déchirantes, en sol québécois, méritent plus qu’un
prix de courage. Parler avec franchise de ses moments de détresse, de ses insomnies et de sa solitude, dans le long tunnel noir
et blanc de l’hiver, mais aussi du chemin retrouvé vers le printemps, cela inspire et donne la force de ne pas abandonner le ring.
Un exemple touchant, c’est Jonathan Rojas, le plus récent lauréat du Prix reconnaissance Pascale Clément, accordé par le Salon Carrière Formation de Québec.
Mihai Claudiu CRISTEALisez plus dans l'édition d'avril imprimée
« Ça va bien? » Osons dire « Non, ça ne va pas! »

On la surnommait «Docteure Sourire». Très
présente sur les réseaux sociaux, mais aussi à la
télévision, sa passion pour la santé et le bien-être
des enfants débordait largement les frontières
de Trois-Rivières, où elle était pédiatre. La mort
par suicide de Karina Deshaies Poliquin, à l’âge de
35 ans, le 16 avril 2026, a choqué le Québec. Il s’agit
d’une tragédie bouleversante et très probablement évitable. C’est,
en même temps, une nouvelle occasion de remise en question du
modèle individualiste de société dans lequel nous vivons au Québec.
Je n’ai pas eu la chance de connaître personnellement la docteure
Karina Poliquin. Pourtant, après avoir passé des heures sur sa page
Facebook et regardé presque toutes les vidéos de ses interventions
sur Instagram et sur YouTube, je crois que son choix de finir
prématurément sa vie mérite bien plus que de simples sympathies
ou de petits bonhommes virtuels en larmes. Dans une province où
on peut mourir aux urgences en attendant 12 ou 16 heures pour
se faire soigner, perdre par suicide une jeune soignante brillante
et dévouée, écrasée par un système dont elle faisait partie, c’est
le constat d’un grave échec sociétal.
L’engouement pour le Québec de dizaines de milliers d’immigrants
chaque année ressemble de plus en plus à l’image d’un
essaim de papillons venus de tous les horizons qui se bousculent
vers une lampe géante glacée six mois par année. Le suicide de
Karina Poliquin (une femme très sensible également aux traumas
des personnes immigrantes ou réfugiées), partenaire d’Enfant
Soleil et ambassadrice de la Fondation Dr Clown, n’est ni un fait
divers ni une fatalité implacable. Il est la preuve que (malgré son
image de province où il fait bon vivre) le Québec tue directement
ou indirectement les plus vulnérables d’entre nous, y compris nos
«anges gardiens». (...)
Arrêtons de répondre à l’affirmative à tous nos interlocuteurs,
comme des robots, au trop souvent vide de sens «Ça va
bien?» national. Arrêtons de nous mentir du matin au soir par
peur de provoquer un malaise chez ceux et celles qui nous posent
la question et qui jouent (souvent par obligation commerciale) le
rôle de super femmes ou de super hommes, toujours en forme.
Pas besoin de contrarier le caissier de Jean Coutu ou la caissière
chez IGA ou chez Maxi, qui n’auront pas le temps de savoir
pourquoi ça ne va pas, alors que d’autres clients attendent.
Ce n’est sans doute pas recommandé non plus de transformer
tous nos partenaires d’affaires en psys d’occasion, mais il y a
parmi eux des personnes empathiques qui (en attendant une
aide professionnelle en santé mentale) pourraient prendre le
temps de nous écouter quelques minutes. Commençons cet
exercice par nos proches, nos amis et les gens de confiance de
notre entourage. Osons répondre par non, si ça ne va pas vraiment
dans notre vie!
Mihai Claudiu CRISTEA
BESOIN D’AIDE?
Centre de prévention du suicide de Québec
Pour la région de Québec et partout au Québec
1 866 277-3553
24 heures par jour et 7 jours par semaine
Clavardage, informations et outils : www.suicide.ca
Lisez plus dans l'édition d'avril imprimée
DES MESSAGES XÉNOPHOBES ENVERS DES ASPIRANTS AU PEQ
«Le Québec c’est nous aussi» est un organisme œuvrant pour
la défense des droits et des conditions de vie des personnes
immigrantes au Québec. Il est né dans le contexte de l’abolition,
le 19 novembre 2025, par le Gouvernement du Québec du
Programme de l'expérience québécoise (PEQ). Contrairement
à l’avenue standard d’obtention de la résidence permanente, qui
peut durer plusieurs années, le PEQ représentait souvent une voie
plus courte vers un statut de résident permanent et de citoyen
canadien. L’abolition du PEQ par l’ex-ministre de l’Immigration,
de la Francisation et de l’Intégration, M. Jean-François Roberge,
a provoqué une onde de choc parmi plusieurs dizaines de milliers
de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants étrangers diplômés du Québec. Le maire de la capitale, M. Bruno Marchand, parle d’environ 13 000 personnes potentiellement affectées à Québec par la fin du Programme de l'expérience québécoise.
Le 21 avril 2026, jour du remaniement ministériel effectué par
la nouvelle première ministre du Québec, Mme Christine Fréchette,
qui a promis la réouverture du PEQ pendant deux ans, la nomination de François Bonnardel au poste de ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, et le retrait de ce mandat à Jean-François Roberge, ont été salués vivement par «Le Québec c’est nous aussi» sur la page Facebook de l’organisme: «Nous sommes soulagés d’apprendre le départ définitif du ministre de l’Immigration Jean-François Roberge, et c’est une victoire pour nous et pour tous les immigrants du Québec. Désormais, nous sommes prêts à travailler dans le respect avec le nouveau ministre de l’Immigration et sous l’impulsion de la première ministre, madame Fréchette, pour la réouverture du PEQ et l’émission de la prolongation de tous les permis de travail pour toutes les personnes concernées par l’abolition du PEQ. Une demande de rencontre est déjà partie.»
Cette prise de parole et d’autres publications précédentes de
«Le Québec c’est nous aussi» ont provoqué de nombreux messages à caractère xénophobe sur la page Facebook de l’organisation. Citons quelques-uns de ces messages, dont les auteurs possèdent très souvent des profils Facebook bien réels et très actifs: «Faut les fermer nos frontières! Pas compliqué!» ou «Ils sont vraiment décidés à nous remplacer par une autre nationalité» ou encore «Garder les francophones catholiques…» ou «C’est la fin des
Kebecois de souche» (reproduction fidèle – N.D.L.R.). Pour des raisons de «diversité», nous en reproduisons encore quelques-uns des messages xénophobes et racistes: «Ce n'est pas vous le Québec, et de loin» ou «C'est drôle, les médias ne montrent que des blancs dans leur propagande pour sauver ce programme ethnique…» ou «On n'en na trop parter», reproduction fidèle dans un français douteux pour suggérer aux aspirants au PEQ de partir, car ils sont «trop nombreux».
Mihai Claudiu CRISTEA
Source : page Facebook de «Le Québec c’est nous aussi»Lisez plus dans l'édition d'avril imprimée
Un guide original pour
les employeurs qui embauchent
des travailleurs internationaux
Le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) Charlevoix–
Côte-de-Beaupré, une division de l’organisme Les Services
de main-d’oeuvre l’Appui, a annoncé, le 19 mars 2026, le
lancement officiel du guide «Diversité culturelle au travail
– Bonnes pratiques pour l’accueil des nouveaux arrivants et
des nouvelles arrivantes». Ce guide de 28 pages a été conçu
par l’équipe du SANA Charlevoix–Côte-de-Beaupré pour
soutenir et sensibiliser les employeurs concernant l’accueil
et l’intégration des travailleurs recrutés à l’étranger.
Selon Vanille Depelchin, chargée de projet du SANA Charlevoix–
Côte-de-Beaupré à Beaupré, «les entreprises ne recrutent plus
seulement des compétences, elles accueillent des personnes,
des parcours, des cultures». Madame Depelchin estime que
le guide «Diversité culturelle au travail» donnera des idées et
des solutions concrètes pour que «chaque intégration soit un
succès humain et organisationnel».
Le nouveau guide a été réalisé grâce au soutien du ministère
du Patrimoine canadien, de Développement Côte-de-Beaupré, de
la MRC de Charlevoix-Est et de la MRC de Charlevoix. Disponible
sur le site Web de l’organisme Les Services de main-d’oeuvre
l’Appui, cet outil original propose, entre autres, des recommandations pour préparer l’arrivée des travailleurs internationaux, des astuces et des stratégies de jumelage et d’intégration. «Il est fortement conseillé de sensibiliser le personnel en place à l'arrivée de nouveaux collègues. Il serait pertinent de
présenter le pays d'origine du nouvel employé. Cette présentation
peut inclure un petit lexique des mots de base dans la langue
des nouveaux collègues», peut-on lire dans le chapitre intitulé
«Comment préparer son arrivée?»
Le guide sort des sentiers battus, en conseillant aux employeurs d’attendre le nouvel employé à l’aéroport et même de l’inviter au restaurant après son arrivée au Québec. «Une poutine ou une queue de castor lui permettra de découvrir la nourriture québécoise, de faire connaissance et d’atténuer le stress de l’arrivée et du passage à la douane», suggèrent les auteurs du guide. Ces derniers recommandent
également aux employeurs de trouver un logement
à leur nouvel employé recruté à l’international. Ce logement
devrait être bien situé par rapport à son lieu de travail et doté
d’une connexion Internet, afin de faciliter la communication de
l’employé avec sa famille restée au pays d’origine.
Mihai Claudiu CRISTEA
Sources : Annie SIMARD, consultante en transformation organisationnelle, et le guide «Diversité culturelle au travail» du SANA Charlevoix–Côte-de-BeaupréLisez plus dans l'édition d'avril imprimée
Composer et chanter ensemble pour mieux
se connaître au Québec
Après la chanson «Un si long voyage», présentée au printemps
2025, la chorale interculturelle «Racines chantantes» nous a offert en cadeau, le 13 décembre dernier, à la Bibliothèque Monique-Corriveau, sa deuxième cocréation musicale intitulée «Marche sur les saisons». Ce sont deux «odes à la diversité et au vivre-ensemble». Elles ont permis à quelques dizaines de personnes de se parler, de chanter et de tisser des liens autrement improbables.
Initié par «Culture pour tous» et rendu possible grâce à la participation financière du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), le projet «Racines plurielles» a été conçu pour favoriser les rencontres et les échanges entre des citoyens établis depuis longtemps et des personnes nouvellement arrivées au Québec. La mise en oeuvre du projet a été réalisée par la Bibliothèque de Québec, en collaboration avec le Centre R.I.R.E. 2000 et la Société d’histoire des Filles du Roy. Les chansons «Un si long voyage» et «Marche sur les saisons» sont nées durant des ateliers hébergés par la Bibliothèque Monique-Corriveau.
L’accompagnement des participants a été assuré par l’auteurcompositeur-interprète Claude Vallières pour les paroles. Pour la mise en musique du texte, les choristes de différentes origines ont été soutenus par un duo du Centre R.I.R.E. 2000, le professeur de gospel Ludovic Dubé et le professeur de musique Ismaël Zéphir. Aucune expérience musicale n’était exigée. Cependant, la thématique, les paroles et la musique étaient des choix collectifs. Emballés par la beauté du projet, certains participants se sont impliqués dans la cocréation des deux chansons. «Le thème de l’immigration est présent dans les deux chansons. (…) Il y avait une émotion commune que j’ai ressentie dans les deux groupes, celle de l’absence de frontières, peu importe nos racines», nous a déclaré madame Maxine Lepot, Québécoise d’origine qui a vécu pendant 12 ans en France et qui a participé à la création des deux chansons.
«Je cache mes inquiétudes / sous des couches de vêtements /
L’inconnu est troublant, / le nouveau est grisant.» Pourtant, l’espoir
d’une vie nouvelle est plus fort que l’hiver et les peurs de toutes
sortes: «Un soleil de printemps / caresse mon visage / Cela m’a
tant manqué, / c’est un si long voyage. (…) Adieu, mélancolie, /
je reprends mes couleurs», nous raconte la chanson «Un si long
voyage». Dans la nouvelle chanson «Marche sur les saisons»,
la détermination d’assumer le choix de sa nouvelle vie au Québec
pour les immigrants (ou d’une nouvelle vie tout court pour les
Québécois d’origine) semble encore plus évidente que dans la
première: «Le vent est mon allié, / je choisis d’avancer / Là où tout est possible / il me reste à oser.» (
Mihai Claudiu CRISTEA)
Lisez plus dans l'édition d'avril imprimée
Afin de vous faciliter la vie en sol québécois
P
Ouvrir un compte bancaire avant l’arrivée au Canada
Plus vite vous ouvrez un compte dans votre processus d'immigration au Canada, plus vous vous facilitez la vie.
Que vous prévoyiez d’immigrer, d’étudier ou de travailler au Canada, ou encore d’investir depuis votre pays d’origine, l’ouverture d’un compte à distance accélère votre transition financière. Elle vous permet de transférer des fonds dans votre compte au Canada avant votre arrivée et d’activer rapidement votre compte une fois sur place. Plus vite vous ouvrez un compte dans votre processus d’immigration au Canada, plus vous vous facilitez la vie. Vous serez soulagé par la suite de pouvoir vous concentrer sur toutes les autres choses auxquelles vous devez penser!
Les pièces à avoir en main pour toute ouverture de compte en ligne: votre passeport; le document officiel émis par le gouvernement du Canada ou par le gouvernement du Québec dans le cadre de votre demande d’immigration (permis d’études, permis de travail, EIMT complet, lettre d’introduction, etc.); votre future adresse au Canada ou le code postal de votre employeur ou de votre établissement d’enseignement; le numéro d’identification fiscale de votre pays d’origine.
Quelques étapes suffisent pour ouvrir un compte à distance :
- Connectez-vous à desjardins.com/OuvrirCompte. Remplissez le questionnaire en ligne. Ayez votre passeport en main.
- Un courriel vous est envoyé dans les 24 à 48 heures. Remarque : Pensez à vérifier votre boîte de courrier indésirable.
- Des renseignements concernant votre compte vous sont envoyés. Utilisez-les si vous souhaitez transférer des fonds dans votre compte au Canada.
- À votre arrivée au Canada, finalisez l’ouverture de votre compte. Présentez-vous avec vos pièces d’identité à la caisse mentionnée dans le courriel et récupérez vos moyens de paiement.
L’offre Desjardins pour les nouveaux arrivants propose, entre autres, un compte bancaire incluant un forfait transactionnel gratuit et des transactions illimitées pendant un an. Mais ça ne s’arrête pas là! Desjardins vous offre également des conseils et des ateliers qui faciliteront votre intégration.
S’installer dans un nouveau pays suscite nécessairement des questions. Vous pouvez compter sur Desjardins pour vous guider.
Voir plus d’information sur l’ouverture d’un compte bancaire Desjardins au Canada ici: https://www.desjardins.com/particuliers/vous-etes/nouveaux-arrivants-canada/ouvrir-compte-canada/index.jsp